Nantes Métropole – Des petits pas … A quand le grand saut ?

Nantes Métropole – Des petits pas … A quand le grand saut ?

Le Livre blanc pour le climat revient sur les réponses de la métropole à ses “12 mesures prioritaires pour 2022”

📅 Alors que l’année 2022 vient de s’achever, il est l’heure pour le collectif du Livre Blanc pour le climat de dresser un bilan de l’action de la métropole de Nantes en faveur du climat. Le collectif avait identifié et soumis aux élu·es de la métropole 12 mesures prioritaires pour le climat à mettre en œuvre dans l’année.

❓ Quelles mesures ont été mises en place❓ Sont-elles assez ambitieuses ❓

Malgré des efforts réalisés dans certains domaines comme les aménagements cyclables, ou l’abandon du projet de l’Arbre au hérons, le collectif déplore un manque de mesures structurantes et fortes de la Métropole pour lutter efficacement contre le dérèglement climatique.

Sans remettre en cause les actions positives d’ores et déjà mises en œuvre par la métropole, le collectif du livre blanc pour le climat cherche à mettre en lumière 12 mesures prioritaires actuellement négligées par la collectivité.

La Direction de l’Animation et de la Transition Écologique de Nantes Métropole y a répondu cet été.Voici l’analyse du collectif des réponses apportées par la Métropole sur ces 12 mesures :

1) Lancer le projet de RER métropolitain, Définir les lignes, le calendrier, le budget. Objectif 2022 : un train toutes les 15 min aux heures de pointe sur au moins 4 lignes existantes TER

La Métropole soutient la poursuite du démantèlement de certaines infrastructures ferroviaires (gare de l’État). Après plusieurs mois de mobilisation et l’annonce du Président de la République sur ce sujet, le projet de “TER express” semble enfin mis à l’ordre du jour de la collectivité.

Néanmoins celui-ci reste non daté et non financé. Aujourd’hui, rien n’est mis en place avec la région pour accélérer le renforcement du réseau ferroviaire métropolitain, le collectif attend que la métropole devienne plus proactive auprès de la région et de l’État. De grandes métropoles comme Strasbourg et Bordeaux ont déjà mis en place leur Réseau Express Métropolitain, grâce à un financement conjoint des régions et des métropoles.

2) Développer le covoiturage avec des mesures concrètes en 2022, Lancer sans délai l’expérimentation de voies réservées du Bd de la Prairie de Mauves, prévue pour déc 2021. Et lancer les 3 autres d’ici mi-2022 : route de Pornic, Bd de la Vendée et chemin de la Justice

À ce jour, il n’y a pas eu d’avancée significative dans l’expérimentation de voies réservées au covoiturage du Bd de la Prairie de Mauves, route de Pornic, Bd de la Vendée et chemin de la Justice.

3) Renforcer le financement des structures accompagnatrices des ménages et des professionnels à la rénovation énergétique (Mon Projet Rénov)

Le budget global de l’association Alisée qui porte le rôle d’animation de l’Espace Conseil France Rénov’ auprès des particuliers est passé d’environ 280 000 à 520 000 €/an, avec une augmentation de son périmètre d’intervention (accompagnement des ménages jusqu’à la signature des devis, mobilisation des professionnels de la rénovation, sensibilisation du secteur petit tertiaire). Nous saluons par ailleurs le choix de la collectivité d’une subvention forfaitaire et non “à l’acte” permettant de privilégier un accompagnement adapté au besoin de chacun.e et non une politique du chiffre. Ces moyens ne permettent pourtant pas à ce jour de faire face à l’ensemble des demandes de rendez-vous.

4) Élaborer un plan d’action permettant de diviser par 2 la précarité énergétique durant le mandat

Les dernières données disponibles (ONPE) indiquent que 9,1% des ménages étaient en situation de précarité énergétique en 2020 sur le territoire, un chiffre probablement en forte hausse en raison de l’inflation des coûts énergétiques. Le collectif manque de données et s’interroge sur l’efficacité des dispositifs existants (Mon Projet Rénov). Il salue les annonces de la métropole parmi les 10 mesures climat (5000 logements rénovés par an dont 1500 dans le parc social) mais attend leur mise en œuvre effective. Le passage à l’échelle des rénovations globales performantes connaît en outre des freins liés à la disponibilité d’artisans formés et de certains matériaux.

5) Passer à 50% d’alimentation bio dans les cantines scolaires Et la restauration collective qui stagne à 20% depuis 15 ans

La Métropole ne parle que de la restauration scolaire et non de restauration collective, seules 2 communes ont plus de 50% de bio. La majorité des communes sont en retard. Le collectif déplore la priorisation de la production locale au détriment de la production bio, alors que le collectif demande l’un et l’autre.

A Grenoble, l’approvisionnement des cantines scolaires se fait en bio et en circuit court à hauteur de 65%, sans viande issue de l’élevage industriel intensif.

6) Mettre en place des aides à la conversion bio des agriculteurs, complémentaires aux aides nationales

Les aides de la Métropole ne sont malheureusement pas destinées exclusivement aux exploitations biologiques, elles continuent à financer des projets agricoles nocifs pour le climat et la biodiversité. Les exploitations dites “vertueuses” qui font l’objet d’un soutien de la Métropole manquent d’un cahier des charges transparent.

7) Garantir zéro artificialisation nette des sols

Nantes Métropole ne s’engage pas sur une trajectoire zéro artificialisation nette des sols avant 2030, l’échéance est trop lointaine. Malgré les risques accrus de sécheresse visibles cet été, la Métropole poursuit les projets d’artificialisation (100 ha de ZAC à Carquefou, 50Ha de terres fertiles pour Doulon-Gohards).

8) Lancer un groupe de travail pour la reconversion des industries polluantes du port de Nantes/St Nazaire

Le port de Nantes/St Nazaire repose à 70% sur des industries dépendantes des énergies fossiles (Cordemais, Donges, Montoir, St-Nazaire), aucun travail ne semble entrepris sur la reconversion de ces industries au-delà de leur approvisionnement en énergie. De plus, le collectif est dans l’attente des résultats d’une étude sur l’avenir énergétique de l’estuaire.

9) Augmenter rapidement la part “prévention” du budget déchet pour passer de 2% à 10% à la fin du mandat

Nantes Métropole ne s’engage pas à augmenter rapidement la part “prévention” du budget déchet pour passer de 2% à 10% à la fin du mandat. Il y a trop peu de moyens humains dédiés à la prévention (3,8 ETP sur toute la métropole). Une stratégie de réduction et traitement des déchets du BTP (démolition des immeubles anciens) reste à construire.

10) Interdire tout panneau publicitaire numérique sur l’espace public

Le nouveau RLPm n’interdit pas tout panneau publicitaire numérique sur l’espace public, alors que Lyon Métropole a pris cette décision en 2022.

11) Lancer une campagne de sensibilisation des habitants sur les risques climatiques locaux liés à la hausse des températures +1,5°C/+2°C/+3°C

La Métropole ne s’engage pas à lancer une campagne de sensibilisation des habitants sur les risques climatiques locaux liés à la hausse des températures +1,5°C/+2°C/+3°C. Elle ne souhaite pas montrer les conséquences du changement climatique, selon elle trop axé sur les risques et la peur. Alors que pour le collectif il est essentiel que la population soit suffisamment informée pour participer activement à la transition.

12) Créer un conseil citoyen indépendant tiré au sort

La création d’un conseil scientifique et citoyen dédié au climat a été évoquée. Cependant les membres du LBC ont besoin de plus d’informations sur ses marges de manœuvre et son suivi dans le temps. La participation directe des citoyens n’est pas pensée dans ce projet.

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Nantes Métropole se veut ambitieuse sur le sujet climatique et le collectif du livre blanc l’encourage à approfondir les transformations engagées. Malheureusement la majorité de ses réponses n’est pas satisfaisante pour engager dès maintenant le territoire dans une réelle mutation. Le collectif espère que suite aux derniers événements climatiques et la crise énergétique, que l’ensemble des élu-es de la Métropole prenne conscience des enjeux et agisse en conséquence.

⏰ L’année 2023 marquera la mi-chemin du mandat métropolitain. A cette occasion le collectif du Livre Blanc pour le Climat publiera une évaluation des politiques climatiques et environnementales observées depuis 2020 afin de qualifier la cohérence des mesures au regard des objectifs climat pour 2030.

2023-01-10T18:52:58+01:00 janvier 6th, 2023|A la une, Livre blanc climat|0 commentaire

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